23 juin 2011
Quai B (écrit en mars 2008)
Qu'est B? Quai B ? Qué B ? (oune petite accent) Quai baie ? Qu'est bê ?
Qu'est P ? Qu'épéé ? Qh'hep! Hé! ?
Silence ? Cil anse ? Scie lance ?
Mais qu'est-ce que ça veut dire, tout ça ?
Expliquez-nous les mots. Pas seulement comme vous les voyez : comme vous les entendez (hante en dés ?)
Quai B. Il y a un dos, un dos majeur, large, possible abri.
Il y a l'arrêt, ré, araisonnable, mais agréable... Je n'irai pas au bout du quai.
Il y a mi, me, moi, qui n'ai de commun avec lui que l'emprunt du même train...
Pas facile de lui dire des mots. Phalange ? Pas d'alliance. Ce qui signifie peu, mais... Croche, double croche. A ses yeux je m'accroche.
Sol, où mes pieds se figent. Je suis un tournesol, tourné vers son éclat, à lui.
La voix dans le micro annonce du retard.
Si j'osais... Je lui dirais je ne sais quoi, comment il s'appelle et où il va, et si quelqu'un l'attend là-bas...
Il se lève à l'arrivée du train, s'approche du quai. Quai B. Envoûtée je le suis. Bêêêê.
Mais il n'y a que son dos, large, majeur, ignorant les notes de ma portée.
Ma mélodie secrète pleine de silences s'achève en soupir.
08 janvier 2011
gâteaux au chocolat végétaliens
Aucune invention de ma part, plutôt un pense-bête... J'avais copié et imprimé des recettes végétaliennes, mais j'ai une fâcheuse tendance à perdre l'imprimé... Alors je copie ici!
Gâteau au chocolat végétalien
Un bon gâteau bien moelleux, presque humide et super rapide à faire.
Son mode de préparation fait qu'il y a peu de vaisselle à faire.
Recette trouvée sur le blog "Cookies madness".Je l'ai un peu modifiée en baissant le sucre.
Je vous donne les mesures américaines, et qqs équivalent en mesures françaises .
La mesure principale est la cup (tasse). On utilise aussi la tablespoon (cuillère à soupe) et la teaspoon.
Je
me sers d'une cup et des cuillères achetées chez Ikéa. C'est très
pratique, ainsi je pense moins de temps à faire les conversions.
1 cup = 250ml
= env. 150g de farine
= env. 200g de sucre
1 tablespoon (T ou Tblsp) = 15ml
1 teaspoon (t ou tsp) = 5 ml ...
- 1 1/2 cup de farine
- 1/2 cup de sucre (1 cup dans la recette originale)
- 1/4 de teaspoon de sel
- 1 tsp de bicarbonate
- 1/4 de cup de cacao en poudre non sucré
- 6 Tbsp d'huile neutre
- 1 Tbsp de vinaigre blanc
- 1 tsp d'extrait de vanille
- 1 cup d'eau froide
Préchauffer le four.
Prendre un moule carré de 20 cm de coté.
Mettre dans ce moule la farine, le sel, le sucre, le bicarbonate et le cacao. Mélanger.
Faire 3 creux.
Dans un verser l'huile, dans l'autre le vinaigre et dans le troisième la vanille.
Verser
l'eau froide par dessus et bien remuer avec une fourchette ( faire
attention aux coins qui ne sont pas faciles à atteindre ).
Faire cuire 30 à 40mn ou jusqu'à ce qu'un cure dent inséré dans le gâteau ressorte sec.
glaçage au chocolat vgl :
- 1/3 de cup de crème de soja liquide
- 112g de chocolat noir dessert Nestlait
- 2 cs de sirop de maïs foncé ou clair (mis du malt d'orge liquide à la place)
- 2 Tbsp de margarine (4 dans la recette originale)
- 1/2 tsp d'extrait de vanille
(1/4 de cup de sucre glace, que je n'ai pas mis)
Faire chauffer la crème à feu doux. Eteindre le feu, ajouter le chocolat haché et mélanger jusqu'à ce que ce soit homogène.
Transférer dans un bol. Laisser refroidir à température ambiante .
Ajouter le sirop de maïs et la margarine ramollie. Battre à l'aide d'un fouet électrique, en ajoutant peu à peu le sucre glace.
Le mélange s'épaissira un peu.
Répartir le glaçage sur la gâteau.
source : http://blog.aufeminin.com/blog/seeone_19965_1707682/Vegemiam-blog-de-recettes-vegeta-iennes/Crazy-cake-gateau-au-cacao-vgl
J'ai fait ce gâteau plusieurs fois, et effectivement il est bon, pour ceux qui n'ont pas l'habitude des gâteaux sans oeufs aussi!
Voici une autre recette que je n'ai pas encore testée, mais qui n'a pas l'air mauvaise :
gâteau au chocolat, sans lait, sans beurre et sans œufs – pour 10/12 personnes ou pour 24 cupcakes
_ingrédients_
• 2 tasses 1/4 de farine fluide
• 2 tasses de sucre de canne
• 1 tasse de cacao en poudre
• 2 cuillères à café de levure
• 1/2 cuillère à café de sel
• 1 cuillère à soupe d’extrait de vanille
• 2/3 tasse d’huile de colza de type Isio4 (celle que j’ai utilisé)
• 2 cuillères à café de vinaigre de cidre
• 2 tasses d’eau froide
_préparation_
> préchauffer le four à 180° – beurrer et fariner 2 moules à manqué ou mettre des caissettes dans le moule à muffins
> dans un saladier, tamiser le cacao et ajouter tous les ingrédients secs : farine, sucre, cacao, sel, levure – mélanger
> dans un autre saladier, mélanger tous les ingrédients liquides : vanille, huile, vinaigre, eau
> verser ce mélange dans le mélange “sec” et remuer jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène
> attention à ne pas trop remuer. Votre pâte aura une consistance très humide, mais c’est normal
> verser la pâte dans les moules beurrés et farinés ou dans les caissettes
> enfourner 30 minutes pour les moules à manqué / 25 minutes pour les cupcakes
> vérifier la cuisson avec la pointe d’un couteau – elle doit ressortir sèche
> sortir les moules du four et laisser refroidir une quinzaine de minutes
Quand je testerai, je réduirai la quantité de sucre.
04 janvier 2011
Mes actus.
Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici...
Les nouvelles neuves et pas trop neuves : je suis partie en voyage 5 mois, en vadrouille en France. J'ai vu des lieux magnifiques et rencontré des gens sympas. Vécu de drôles d'aventures aussi. Vécu pour moi, en faisant à peu près ce que je voulais... Adorable liberté!
Depuis le 30 novembre, je fais un volontariat de service civique : je m'occupe de personnes qui ont un handicap mental ou une grande fragilité psychologique. Ca paie peu et peu de temps libre, mais ça me plait. Peut-être que c'est dans ce domaine que je voudrai travailler, il est trop tôt pour le dire.
Il y a 1 an, j'étais en train de me faire licencier. Il y a 2 ans, j'étais tranquillement au bureau du lundi au vendredi, et faisais la fête presque tous les soirs.
Alors comme les choses changent, je ne sais pas encore où j'en serai dans 1 an. Peut-être encore ici, peut-être déjà ailleurs.
Si vous êtes sages, ou si je prends le temps, je vous raconterai un peu de mon voyage.
29 octobre 2010
archives du voyage avril-sept 2010
Sept 2010 : I'm now in Saint-Genis-Laval, looking for a job. So I consider that my travel is finished :)
("Saint-Sulpice-les-Champs" is in fact Le Perchay, Val d'Oise, Ile-de-France. But couchsurfing does not know this small village...)
"Chauray, Poitou-Charentes, France"
is in fact La Cellette, Creuse, France
Couchsurfing has problems with small villages :)
next step : Castillonnes, near Bergerac
"Bordeaux" is in fact Castillones, near Bergerac :)
"Fronsac" is still Castillonnes... :)
"Remalard, Lower Normandy, France ..." is in fact Le Perchay, Val d'Oise
couchsurfing localisation engine does not like rural surfing...^^
Maybe I should go to the places CS thinks I am, just to see what it will write ?
Sorry, no couch available.
We may meet for a coffee or a drink, maybe, one day.
29/07 : next destination is Loc Miquélic, near Lorient (Brittany). The following of the trip is not planned, except in Charente-Maritime from the 22d of August on.
19 Aug : I arrived in La Rochelle yesterday, it was my first time hitch-hiking, nice experience, I will hitch-hike again :)
Since the 22d , I am volunteer in a natural park, to observe birds (réserve naturelle de Moëze-Oléron).
5 days in Bordeaux are planned, then Pyrénées-Atlantique from the 10th of Sept to the 10th of October. After that, I'll see.
24 mars 2010
Courir à la source
Ecrit en août 2004
Les mains liées le coeur ballant. Les mot me mènent doucement. Il pleut. J'ouvre la fenêtre, j'ai froid.
Où es-tu ? "Je suis là." . Non tu n'y es pas. Je t'attends. Et regarde passer les nuages blancs. Lis Lilas. Fleurs du ciel. Fleurs de bleu...
Souffle. Respire . Ecoute. Tu entends ? "Quoi ?" Tout. Le ciel, les oiseaux, le vent. Au loin un homme court dans les champs. Il est grand il a peur. Poursuivi par les années il fuit... Mais le temps le rattrapera, on n'échappe pas à son passé. "Elle", pense-t-il en haletant dans sa course éperdue, perdue. Ses yeux de cristal l'ont envoûté.
Son souffle est court. Sa vie aussi ? Il est condamné. Mourir de souffrance. Quand on a tant aimé, la vie ne sert plus.
Courir... Encore plus vite... Vers la cascade. Où ils s'étaient tant de fois retrouvés... Il plongerait, serait probablement assommé par un rocher...
On dit que la noyade est une mort douce. L'eau s'engouffre tout doucement dans le corps, infiltre les poumons...
Mais à quoi bon courir pour aller mourir ? Pour oublier qu'il a mal.Justement... Un point de côté. Mais ça fait toujours moins mal qu'un point de coeur, de ce mal qu'on attrape lorsque le coeur a battu trop vite, trop fort, sans prévenir...
Il arrive à la cascade. Autour, des arbres, de l'herbe. Rien. Si... Elle. Elle est là. Il stoppe sa course. Elle songe, semble mélancolique, le regard dans le vide, adossée à leur arbre.
Entendant son souffle, elle le regarde. "J'ai eu tort". Puis elle se tait. Ne sait plus quoi dire.
Il s'assied. Il se regardent. Se sourient timidement. Se rapprochent, à fleur de lèvres.
Il ne mourra pas ce soir, son coeur le lui murmure.
[je ne sais pas du tout pourquoi j'ai écrit une histoire qui commence aussi mal... Je devais être dans une période très romantique...]
23 mars 2010
Sous le béton, désarmée...
Avant, j'étais fragile en ville.
Je détestais qu'on me bouscule, qu'on aille vite trop près de moi, frôler une main accrochée près de la mienne dans le métro, qu'on me parle quand je m'étais évadée sur mon nuage.
Et puis, je m'y suis habituée. Mais en apparence seulement. Parce que ma douce bulle s'ébréchait trop, au risque de se briser parfois... Parce que la ville est ainsi, et que Paris est souvent sur mon passage.
J'ai plongé dans le béton. Ca isole bien, le béton. C'est froid mais ça isole. Et ça désole, aussi... Mais qui s'en soucie ?
La Nature qui vit face à la ville morte et figée ? Qui laisse-t-on s'exprimer ?
La ville. Parce que l'homme la construit. Parce qu'il contrôle tout, qu'il y bâtit maisons, avions, métros. Parce que ce qui est sauvage n'ose pas s'approcher. Béton, lumières artificielles et klaxons font aussi bien que le feu de bois contre les prédateurs. Mais c'est moins fatigant. Et l'homme est devenu tout-puissant : il s'est donné les moyens d'être en bout de chaîne alimentaire. Même si désarmé face à un lion affamé, il ne ferait pas long feu. Mais ce n'est rien : l'homme a fait dieu à son image. Dieu règne au ciel, l'homme règne à terre.
Etouffant, ce béton. Fou, ce monde. Et moi, rêveuse idéaliste. Incompatibilité d'humeur et de matière : c'est qu'en dessous, je suis de chair! De sang! de rêves! C'est qu'au-dela de ce béton, de ce confort inutile, il y a du sang, de la chair en lambeau, de la guerre pour des terres ou piller des richesses...
La porte est ouverte mais n'entrez pas : je me sentirais nue devant vous.
Le monde a la tête à l'envers. Alors j'ai la tête à l'endroit, vers la terre.
Maintenant, je suis fragile en ville.
08 mars 2010
Le régime casserole
Moi z'aussi, je veux inventer un régime miracle, écrire des livres, et me faire plein de sous!!! Je lance d'ailleurs une nouvelle méthode, pour vous, mesdames et mesdemoiselles, qui après avoir perdu vos kilos grâce à un confrère ou une consoeur, voulez faire mincir votre homme... le régime CASSEROLE !
technique numéro 1 : l'endormir avant le dîner, et économiser le repas du soir.
Préparez-lui l'apéro pour son retour du travail. Je conseille des cocktails du type : vodka-fleur d'oranger-tisane à la camomille ou encore kir-verveine. Pour plus d'efficacité, tamisez la lumière et diffusez une huile essentielle apaisante, de lavande par exemple.
Invitez-le à s'installer sur le canapé, ou dans la chambre sur le lit (attention, l'installer dans la chambre risquerait de le rendre méfiant) pendant que vous préparez à manger. Evitez d'ajouter des épices telles que du gingembre à votre préparation, à cause des vertus stimulantes.
Si tout se passe bien et qu'il a eu une journée épuisante, il devrait se sentir fatigué. Proposez-lui d'aller se reposer, que vous le préviendrez quand le repas sera prêt.
Si le cocktail et la diffusion d'huile essentielle ne l'embrume même pas, Et s'il ne s'endort pas, assommez-le avec une casserole. Calories évitées : toutes celles cachées dans son repas du soir.
technique numéro 2 : chaleur humaine
Enfilez une tenue sexy avant son retour du travail. Cachez des aliments sains et légers sur votre corps (rondelles de carottes, morceaux de courgette, de tofu...). Quand il arrive, prenez votre voix la plus sensuelle et dites-lui que vous serez sa table pour manger, et que ce soir le repas se fera dans la chambre. Pour le dessert, sortez la chantilly allégée que vous aurez préparée au préalable.
technique numéro 3 : on ne mate pas la bouche pleine
Déshabillez-vous devant lui pendant son repas, mais seulement quand il ne mastique pas : comme il faut 20 minutes pour que la sensation de satiété arrive et qu'il devrait manger plus lentement car distrait, il devrait avoir besoin de manger moins que d'habitude.
Si malgré tout il mange plus que de raison, gardez une casserole à disposition pour l'assommer.
technique numéro 4 : un ami qui vous veut du bien
Si ces méthodes ne fonctionnent pas ou que vous rentrez du travail plus tard que lui, vous pouvez demander l'assistance d'un ami commun, afin qu'il l'appelle pour occuper l'homme jusqu'à ce que vous rentriez du travail. Vous pouvez même demander l'assistance de sa mère.
Lorsque vous rentrez du travail, dites quelque chose, suffisamment fort pour que l'interlocuteur de l'homme entende que vous êtes rentrée et termine la conversation. Si l'homme dit qu'il meurt de faim et qu'il se dirige vers le frigo en vous demandant ce que vous voulez manger, assommez-le avec une casserole. Si la casserole est hors d'atteinte,frappez-le avec votre sac à main de manière à ce qu'il soit sonné, puis allez chercher la casserole et frappez-le avec.
Prévenez quelqu'un qui habite à proximité de chez vous que vous menez un régime casserole, et qu'il devra être prêt à venir sonner si vous l'appelez : n'oubliez pas que l'homme peut ne pas entendre le téléphone ou ne pas avoir envie de décrocher.
Bien évidemment, vous n'êtes pas obligée de prévenir vos complices de la raison de votre demande, vous pouvez prétexter qu'un appel ferait plaisir à l'homme.
technique numéro 5 : l'agression à l'arme à queue
Mettez un bas sur votre tête ou autre chose pour cacher votre visage et attendez-le sur le chemin du retour chez vous, munie d'une casserole. Assommez-le avec la casserole à quelques mètres de la porte d'entrée. Puis traînez-le à l'intérieur de chez vous (demandez l'assistance de quelqu'un si possible ou faites de la muscu quelques jours avant), installez-le sur le lit pour la nuit. Dînez, faites votre vie. Laissez la porte de la chambre ouverte et placez une casserole de porte dessus : si l'homme souhaite sortir, il ouvrira davantage la porte et sera assommé par la casserole qui ne manquera pas de tomber.
Si au bout de quelques jours il émet quelques doutes, prétendez que vous ne voyez pas de quoi il veut parler et remplacez la casserole par une motte de beurre. S'il développe une phobie des casseroles, proposez-lui, par amour, de faire cuire les dîners au cuit-vapeur.
S'il s'agissait d'une méthode sérieuse et que je voulais me faire plein de sous, je créerais les produits dérivés suivants :
- savoir assommer avec une casserole sans traces ni traumatismes
- la casserole somnifère, à l'extrait de camomille
- la casserole de porte
- le mélange fleur d'oranger-camomille-vodka pour somniféritifs
- le guide des conversations téléphoniques pour occuper monsieur quand madame est à l'extérieur
- la motte de beurre à manche pour phobique des casseroles.
18 février 2010
Réflexions...
"On ne nourrira pas la planète en bio"
Je n'en sais rien, je pense que si dans les pays occidentaux on mange moins de viande, qu'on gaspille moins, et que ceux qui peuvent se mettent à cultiver leur jardin de façon écolo, pourquoi pas ?
Cela dit, de toutes façons on ne nourrit pas la planète en non bio non plus : ce n'est pas que ce ne serait pas possible, ce n'est pas le problème. Le problème c'est que la plupart des vendeurs préfèrent jeter que de donner : donner, ça ne rapporte pas de sous, et ça peut même en faire perdre si ceux qui achetaient auparavant attendent que ce soit gratuit... Et ça peut même en coûter s'il faut transporter les denrées non vendues!
C'est ainsi qu'on se retrouve dans une situation absurde : une partie de la planète gaspille la nourriture, les ressources naturelles, et l'autre partie en paie les conséquences...
La Nature est cruelle. Les animaux tuent pour se nourrir ou se défendre. A chaque fois qu'on veut manger, il faut "tuer" le vivant, qu'il s'agisse de végétaux ou d'animaux. Il y a les luttes pour protéger son territoire, et celles pour gagner de l'espace. Il y a l'instinct qui pousse à montrer qu'on est le + fort, qu'il vaut mieux ne pas s'attaquer à nous, et on le prouve éventuellement en écrasant les plus faibles.
Et puis surtout, quoi qu'on fasse, on meurt tous un jour. Et ça c'est triste, et cruel. Est-ce parce qu'on s'ennuierait si on était éternels ? Est-ce parce que pour adapter les espèces aux évolutions de l'environnement, il faut des cycles de vie raisonnables ? (même pour la Nature, apporter des modifications au stade embryonnaire est sûrement plus simple qu'à l'âge "adulte")
La soif de pouvoir et d'argent qui grandit avec le capitalisme remplace-t-elle la lutte à mains nues pour montrer qu'on est dominant ? Est-ce que si on n'avait pas la possibilité de gagner plein de sous en travaillant comme un fou et/ou en étant bien né ou chanceux, on se battrait avec ses voisins pour montrer à la femelle (euh pardon, femme, mais là je parle en termes animaux, car les hommes sont aussi des animaux!!!) qu'on peut la "mettre à l'abri" (ainsi que son éventuelle descendance) ? "Travailler pour gagner sa vie" peut donc sembler + "honorable" que se battre pour protéger son territoire. Sauf que souvent, le mode de fonctionnement et nos modes de vie font que si pour nous ça permet le confort, pour d'autres... Entre la déforestation, l'achat à bas prix des matières naturelles souvent pour en faire des produits manufacturés, la pollution des eaux et des sols...
Derrière nos modes de vie, il y a toutes ces conséquences qu'on nous montre si peu...
Le pouvoir qui se gagne grâce à l'argent est peut-être le pire des pouvoirs, car il a souvent pour conséquence de nous placer en situation de force par rapport à nos voisins, mais aussi par rapport à ceux qui vivent à l'autre bout du monde, et se trouvent liés à nous par les liens massacreurs de l'économie de marché mondiale...
Je ne me plains pas de mon mode de vie : j'ai la chance d'être née dans la "bonne partie" de la planète, celle qui profite, s'amuse, abuse, surexploite. Mais je sais qu'il y a des gens qui "paient" pour tout ça et que pour certains ce sera de pire en pire. Je fais de mon mieux pour ne pas encourager ce système, mais quoi que je pense, je suis entourée de gens qui se posent beaucoup moins de questions, la planète est pleine de gens qui se posent beaucoup moins de questions...
23 décembre 2009
Amère humeur
Je déambule comme une ombre
Sous la lumière orange,
Comme si j'avais l'âme usée
Marchant d'un pas de fantôme
Je me sens étrange
Un peu désabusée...
Comme une dame usée.
Année 2009 et ses fantaisies,
ses coups de coeur éclats de rire
Ses coups de folie aussi.
J'ai réfléchi à l'Homme,
J'ai pensé à des hommes.
J'ai ri et travaillé,
Travaillé et ri...
Mais c'est bientôt fini :
des indemnités au solde des congés,
les préoccupations principales sont des nombres...
J'ai marché comme une ombre
Comme une flamme usée
A travers la pénombre, sur les reflets orangés
Des lampadaires sur les trottoirs.
Somnambule dans ce monde
Un peu désabusée,
me demandant si ce que je veux serait abuser
Hésitant à conclure un accord de pacotille
Ou à me battre hors de ma coquille
Un peu envie de ne pas me laisser faire
Un peu envie de laisser couler pour passer à autre chose...
Et je pense aux clés du bureau
Que j'ai et devrai détacher du trousseau
Et à mes collègues que j'apprécie tant,
Et que je verrai beaucoup moins souvent.
Il paraît aussi que c'est noël...
J'avais oublié : ma vie s'emmêle
Je sais qui je suis mais j'ignore ou je vais
Ni ne sais comment ni avec qui
J'en perds le fil des rimes
et des mots qui devaient être jouets.
Je me sens toute perdue
Sortie malgré moi de ma bulle de liberté
De dire des bêtises et d'en écouter
J'en oublie que finalement je n'ai pas l'âme usée
Que je ne suis pas dame usée
Que je ne suis pas flamme usée
Qu'au-delà de ce noël qui me paraît empoisonné
En 2009, je me serai bien amusée.
Les Colchiques
D'après le "cahier d'ami(e)s" retrouvé ce soir, c'était mon poème préféré lorsque j'avais 13/14 ans. Et je me souviens l'avoir étudié en classe, et qu'on avait du mal à comprendre "y fleurit tes yeux[...]" Le pré est vénéneux mais joli en automne Les enfants de l'école viennent avec fracas Le gardien du troupeau chante tout doucement
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automneGuillaume Apollinaire

