Attendons les étoiles

Bio, sans pesticides, avec des mots et des images

29 janvier 2009

neige...

Ecrit début janvier, à l'époque où il y avait de la neige en région parisienne.

A moi la nuit mais pas la terre
Je ne vous confierai pas mon ciel
Je laisse l'innocence aux frontières
de la route et du RER

Il pleut, il neige, il gèle.

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La neige dégrise la ville
Robe blanche au parfum d'enfance
Tout semble lisse! Et clair! Et pur!
Mais la ville y passe et reprend ses droits
La ville n'a pas peur du froid! Le bitume vaincra.

Demi-lune orange et demi-lune blanche :
la ville lutte à coup de lumières
Ca manque de vert, de jeu, et d'air.

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Aux branches de l'hiver s'accrochent des métros,
Des couloirs, des trains, des RER,
Et des fourmis ouvrières en colère :
"froid, neige, gel, quelle galère!"

La ville aime peu la nature.
Elle aime le soleil, mais doux.
Elle aime la brise, mais chaude.
Elle aime la neige, mais pas pour aller travailler :
Ca ne roule pas, ça râle, ça caille.

Mais pour moi...
Ca ressemble à la montagne, quand on sort du train au petit matin, avec les après-skis et les doudounes.
Et j'attends mes vacances.
Je voudrais du vert sous la neige (mais pas les sièges du RER), et dévaler ces pistes improvisées, sur une luge ou à pied!
Malgré le froid, j'aime la neige plus que le soleil d'été.

Je voudrais courir dans la neige, quitte à avoir les pieds gelés. Courir et m'y abandonner, et retomber en enfance, et ne rien voir d'autre QUE LA NEIGE!
La neige que je veux amie, malgré le froid malgré la nuit, et même si je suis dans un tuyau en RER, tout bariolé et tout chauffé!

Je veux chausser mes gants et les après-skis. Mettre l'écharpe et le bonnet, et courir, et m'enfouir, et m'enfuir ? Je veux la neige.

Je ne veux pas savoir ce qu'il y a dessous, si c'est du bitume ou de la terre! Je veux imaginer la terre, et courir dans la neige. J'en veux jusqu'aux mollets, et jusqu'aux genoux! Je veux trébucher, presque tomber, et laisser cette blanche douceur atténuer ma chute.

Je veux tomber de toute mon enfance, et m'allonger dans ce divan-neigé.

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05 janvier 2009

Vie -d- étoile

(écrit le 28 novembre 2008, lors d'un ennuyeux trajet de train pour rentrer du travail à chez moi...)

L'étoile sur le verre voyait. L'étoile de plastique sur la vitre. Il y avait les gens dans la rue, les gens dans leur voiture, les gens dans le train. Ils ignoraient qu'elle les regardait. Elle avait fait un long voyage, depuis sa fabrication en Chine. Vu plusieurs mains, et des visages ternes, de ceux qui ne font que des gestes monotones, pendant que l'heure tourne, et qu'ils ne sont personne. Car oui : seule cette étoile sait qui l'a touchée, des mains qui l'ont fabriquée à celles qui l'ont affichée -hop!- sur cette vitre, car ce sera bientôt la fête. Elle voulait voir du pays, comme son ami le poisson, dans son bocal trop petit où l'eau est sale et l'herbe pousse*. Mais elle ne voyait que des gens. De toutes couleurs et de toutes mines, et leurs visages étaient des pays. Il y avait la petite fille qui regardait le ciel, et riait au vol des oiseaux. Et cet homme en gris qui regardait le sol, comme s'il avait peur de ce qu'il y a devant lui, peur du futur. Et ces jeunes et leurs mains croisées, qui s'étaient arrêtés pour le luxe d'un baiser. Oui, l'étoile voyageait, collée à sa fenêtre. Car il ne suffit pas d'être loin pour être ailleurs, il suffit de laisser les pensées vagabonder...
Un jour elle sera une star, une vraie. On l'enverra à Hollywood, on la verra à la télé, on la verra au cinéma. Il ne lui manquera que des mains, pour signer des autographes. Car non, vraiment, un stylo ne tiendra pas dans ses branches. Elle aurait aimé essayer, mais de mains en mains, elle a toujours été manipulée. Et maintenant, oh! Elle est collée. Mais ça ne se passera pas comme ça! Elle se décollera! En plus la colle est de mauvaise qualité. Puis elle s'évadera, et découvrira le monde.
Mais elle se dit soudain qu'elle n'était pas faite pour marcher, qu'on ne le lui avait pas appris. C'est ennuyeux pour voyager!
Alors elle restera une étoile parmi les étoiles sur cette vitre, et peu importe ce qu'elle sera après les fêtes : collée à la fenêtre, elle regarde les gens, ces visages-paysages, et ces passants de tous les âges...
Il n'y a pas que des voyages, qu'on retient de belles images.

*bocal ---> pousse : extrait d'une comptine enfantine.

Posté par meosine à 01:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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