Attendons les étoiles

Bio, sans pesticides, avec des mots et des images

12 mars 2008

Le feu

Attrapez la flamme au vol, qui crépite et qui décolle. Le feu, ça colle. Ca colle si vous envoyez vos mots, vos rêves, vos boussoles, qu'ils vont du ciel au sol, et que le feu les attrape!
Ca colle ce qui fond. Flammes, chaleur, fusion.
Prenez garde aux émotions, brûlent les bois de vos pensées. Le feu, ça s'étend. Au-delà du bois, au-delà de l'âtre, du foyer, du briquet. Prenez garde aux extensions!

C'en est fatigant à la fin, ce feu qui brûle, colle, s'étend... Ne pourrait-il rester éteint ?
Je crains que non : s'il n'était jamais, il ne serait pas. Le feu n'existe pas sans flamme, sans braise, sans cendre.
A l'attaque! L'eau jaillit sur lui, veut qu'il cesse, ou plutôt... De par son être, l'arrête. Mais ne décide rien d'elle-même. Elle agit sur demande, d'homme ou de météo.
Pour le feu c'est trop tard, ou trop tôt.
Il se rit d'elle, galope à terre, libre, ivre, fier!
Sacré feu ou feu sacré... Car oui, on le hait, on s'indiffère ou on l'adore... Pour chanter et danser, pour voir en nuitées, pour effrayer le trop sauvage...
Et puis... Il est des flammes qui mènent au mariage... Gare aux amants qui convolent! Leur feu s'allume, se consume, parfois s'inhume.
Le feu s'attache. Même si moins que la mousse tache, surtout de chocolat.

La parole est à l'accusé :
"Je pétille et crépite. Etincelles. Braises. Et à la fin : cendres.
On danse et chante alentours, je suis au milieu, je vous vois. Et puis... cendres. Tous au lit! Ou tous au jour!
J'absorbe le feuillage. J'absorbe le bois, j'absorbe la forêt. On s'intéresse à moi, on veut me calmer, m'éteindre. On y arrive, ou pas. Je veux pouvoir décider de ma vie, de commencer, de m'arrêter.
Vous avez peur, avouez ?
J'aime. Je suis puissant, je suis chaud, je suis vif et communicatif."

Aucun jury ne rendra son verdict, le tribunal a... brûlé...

Peu importe! Quand voici venir le feu, le bois qui brûle à doux bruit, allons dans ma chaumière, vite bel homme allons...

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05 janvier 2008

Thé sûr de l'or tôt graphe ?

"Je peux antrer ? Thé à poil ?"
J'essuie, ah! la porte de la Q.Izine. L'île me répond qu'est vêtu, que je peux, par Tager, ce môme han! où seul danse à bulle, l'île boit thé.

Jeu, pas ce, la tète, pare l'an colle ure. L'île est  temps tenu, en tenue d'intérieur. La taie hier pausée sur la table, en pli de té. Jappe roche une tasse et m'enserre.

Des ormes haies, nous sommes deux (un + un!) haut tour de cette table, à laie sait coup lait le lit quid en nos gorges.

Mais soudain l'antre s'écroule, le thé tombe la chemise, le chiffon ne veut plus essuyer la porte, la Q.Izine utilise ses neurones pour se la fermer (la porte!)... Alors il se met à pleurer : île entourée d'eau... Il a peur, ne pourra plus sortir, ne veut plus de son thé, veut juste s'échapper...
Tager ce méconnu, que moi-même je ne connais que parce que ça arrange mes effets de , leur apparaît alors en pensées : "un enfant vous sauvera". Puis la casserole se met à bouillonner, les petites bulles sautillent, se tortillent, dansent...
Il a bougé dans tous les sens. Il s'est blessé contre un tiroir. Car mal au pied : il boîte.
Souffler n'est pas jouer me dis-je... J'avais pourtant prévenu : "attention à ssssssse... " mais pas eu le temps de prononcer tiroir que son corps avait déjà fait connaissance.
Parce que téter l'île ne convient pas, je la bise aux deux joues.
Parce que j'ai peur du temps qui passe, et que le temps qui passe toujours se rapproche ou nous éloigne... Je saisis le calendrier, écris  "ordure" que j'y scotche. Mais l'ord tombe en désuétude et en oubli, car papier déchiré par maladresse... Alors calendrier est ure. Pendant ce temps, la théière est en angle et un chien tout fou a rencontré un caillou. Il jappe tandis que je me sers du thé.

Et soudain... Nous sommes deux arbres en haut d'une tour, à se dire qu'une laie connaît l'effet d'un coup de lait dans la gorge...
Quid de la taie d'hier ? Elle est sur le lit.

[C'était un jeu de mots géant et son anti-jeu de mots, qui montre que toutes les fautes sont intentionnelles]


(écrit le 5 juin 2007 - 1h44)

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12 décembre 2007

Tribulations de Mémoire Vive

[cet été, quand je m'ennuyais au travail, j'ai pris des mots au hasard dans le journal, les ai notés et ai rédigé une histoire, en attendant que les 200 photocopies en cours se fassent... Et j'ai terminé ce soir]

L'Ordinateur dicte ses règles, et nul ne le trouve abusif. La désobéissance est prévue, mais ne survient pas souvent.
Il y a bien longtemps, sa renaissance était annuelle, à tous les printemps il se réveillait dans de nouveaux circuits, avec l'envie de redécouvrir le monde et de le faire à son image. Ce qui s'annonçait difficile, les êtres vivants étant de chair. La mémoire vive n'en dormait plus de la nuit : le monde n'était pas Ordinateur, l'Ordinateur n'était pas monde, quelque chose ne tournait donc pas rond. Le disque dur peut-être ? Alors mémoire vive, que ses intimes appelaient RAM, décida d'enquêter Etant dedans, elle commença par l'intérieur. La carte-mère saurait peut-être : étant mère, elle devait connaître ses enfants mieux que bien d'autres. Mémoire vive prit donc tous ses méga-trucs (octets, bytes, que sais-je...) et s'en alla crier famine, chez la fourmi sa voisine. *crash du système, annuler dernière phrase*. Mémoire vive prit donc tous ses méga-trucs et se dirigea vers la localisation de carte-mère.
Carte-mère ronronnait, regardait ses enfants chéris et les trouvait magnifiques. Mémoire vive n'était pas attendue, mais elle la fit cependant entrer. Et mémoire vive s'ouvrit, en un léger vrombissement : "Carte mère, quelque chose se trame, ou se détrame, ou ne s'est pas tramé, ou est retardé! L'Ordinateur, si beau et si parfait, n'est ni monde, ni modèle du monde! Comment l'extérieur peut-il être si imparfait?" . La carte-mère en resta muette. Déjà, parce qu'elle réfléchissait au sens de la phrase, avec l'aide de son ami Windows, souvent un peu long à la détente. Ensuite, parce que mémoire vive la mettait face à une évidence qui aurait dû être, mais qui n'était pas. Elle ne pouvait tout de même pas répondre qu'elle ne savait pas!
Mémoire vive, dit la carte-mère, il y a quelque chose que je n'ai jamais raconté à personne, et que nul autre que moi n'a pu voir ici. Il y a longtemps, l'Ordinateur était maître du monde, on se pressait pour l'admirer. Les hommes ne passaient pas un jour sans se mettre à genoux pour un mot. Mais un jour, Il en eut assez de ne plus pouvoir être seul et tranquille. Les Hommes l'aimaient trop, son corps commençait même à rouiller car certains pensaient Lui rendre service en le nettoyant de leur salive (car d'insolents pigeons osaient le salir!). Alors il décida de leur créer d'autres repères pour avoir la paix. Certains s'abandonnèrent à ces repères et devinrent traîtres... D'autres se laissent parfois distraire mais n'oublient pas d'adorer l'Ordinateur... Et parfois, l'Ordinateur se délecte du spectacle d'un félon grillant sur un bûcher... Et surtout, Ses circuits sont en parfait état!

Mémoire vive la remercia et sortit.
Carte mère fut bien embêtée, car elle avait été obligée d'inventer cette réponse... Mais nul ne le saurait jamais, espérait-elle.

   

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22 novembre 2007

Flots berceront mots

Quelqu'un est arrivé ici en cherchant des idées de mots dans une bouteille à la mer... Je pense que ça peut m'inspirer. Ca aura pourtant mis du temps à m'inspirer... J'ai commencé à écrire le 17 septembre, puis oublié, puis finalement décidé de terminer pour valider... Et nous sommes le 22 novembre...

J'éloigne des rives les rêves qui font mal
Mots dans la bouteille et bouteille à la mer
Si vous trouvez ces mots, glissés au fil de l'eau
Et si vous lisez cette encre sur le papier,
Sachez que mes fantômes ne vous nuiront pas

[Envie d'effacer les troubleurs de pensées]

Vous avez vos ombres, vous si loin
Vos souvenirs acérés dans un coin du coeur
Mais il y a aussi les sourires d'avant,
Les rires de cristal et les cheveux aux vents
La légèreté d'herbe au gré des bises
L'impression malgré tout d'être vraiment vivant

[Envie d'enfance et de cerises]

Je crois au futur, à ses promesses
Antan n'est plus que dans mémoires
Antan laisse place à présent - espoir
Et, finalement, il n'a pas fait si noir...
Juste un peu gris et gris d'ennui
Pas de possible recoloriage car autrefois : trop délavé.
Mais j'ai en main de jolies couleurs
Peut-être autres
que les vôtres
Mais...
Je et vous, créons des oeuvres de nos vies!

[Envie d'y croire et de réaliser]

Vous qui avez trouvé cette bouteille à la mer,
ces mots dans la bouteille,
cette encre sur le papier...
Vivez aussi fort que vous pouvez :
Tout n'est pas noir.

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02 février 2007

Cravate et cravache vs homme

(écrit pour un jeu d'écriture sur parano.be à la base, mais autant vous en faire profiter aussi)(thème du jeu d'écriture : semaine fétichiste, dress code, dressez votre code)

J'enlève la cravate et libère le col. J'amène la cravache pour libérer les cris. La cravate tombe au sol.
Enervée, je la fouette. Cette cravate ne peut-elle donc apprendre à tenir debout ?

L'homme sans cravate s'impatiente. Je le fouette aussi, il crie, il est content.

Retour à la cravate. Je la redresse, l'appuie contre une chaise. Elle tombe comme une loque. "un peu de tenue", lui dis-je! Et je rêve de ces mots : "j'ai le vertige". Mais j'entends ceux-là : "et moi?". L'homme ne comprend pas. Que c'est la cravate l'objet de mes désirs, que c'est d'elle que j'attends monts et merveilles.

Mais je dois auparavant la dresser: d'où la cravache. Et aussi la cravache pour calmer l'homme, lui apprendre à se tenir tranquille pendant que j'aime ce licol, ce bel enchevêtrement de fils devenus toile. "non mais qu'est-ce que tu fais?!?" s'impatiente l'homme, qui entre-temps s'est mis à nu, puisque je ne le faisais pas. Il tente de m'éloigner de la cravate, veut la prendre et la jeter. Mais si ma main gauche s'occupe de la cravate, ma main droite détient la cravache. Je lui tape sur les doigts, la main, le bras, le torse. Doucement pour qu'il ne s'en aille pas, emmenant avec lui sa cravate.

Il s'attendait peut-être à de la douceur, j'y consens : j'embrasse ses lèvres, concession par amour pour sa cravate. Je le touche un peu aussi, car je vois ses rides du lion, la cravache ne lui suffit plus. Lassée, en manque de sa cravate, je lui susurre : "après! Allonge-toi, je joue et tu verras, ensuite, tu ne regretteras pas". Que cette phrase m'a semblée longue! Il obéit. Dans cet état, on peut lui demander n'importe quoi en échange d'une promesse qu'après oui, on fera.

Je caresse alors la cravate, lui demande doucement de faire un effort, de se lever et de marcher. Elle est douce et suave entre mes mains, sensuelle à souhait et ses couleurs m'attirent, m'excitent. Je la noue au pied de la chaise, ses pans pendent, elle est droite mais nouée. j'admire. Je l'aurais aimée davantage sans entrave, mais peut-être n'avait-elle pas la force? Elle est magnifique, ainsi. Bien mieux qu'à son cou à lui, puisqu'il n'y a ainsi que moi qui puisse l'avoir sous mes doigts. La chaise ne se soucie de rien quant à elle.

J'entends un léger râle "Je t'attends!!!". Ah oui, c'est vrai, le propriétaire de la cravate réclame son dû, ce loyer qui me permet cet amour de cravate. Eh bien soit, je paierai de mon corps.

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31 janvier 2007

arc-en-ciel en mots

Entrons en Infra-rouge. Vite le Rouge devient sang, amour, roses, vif, colère. Alors paraît l'orange, teinté de joie solaire, orange douce, orange amère, sourire et enfance au bord de l'imprudence, aux saveurs d'impatience. Le jaune pousse et demande un morceau de regard. Il grandit, apprend les mots des sentiments, les maux des sens et les envies d'indécence. Au fil de l'apprentissage le vert avance, avec un goût de déjà, un goût de pas encore, peut-être, un jour, bientôt. Le bleu entre alors en scène : "il suffit de faire l'enfant! Le temps et les couleurs passent!". Il se croit ciel, il se croit mer, il se croit horizon et infini. Mais la nuit tombe et l'indigo emporte cette folie des grandeurs, cette impression d'être l'ultime. Indigo bercé par le soleil couchant rougissant, amitié éphémère du rouge et du jaune. Et au fil de la nuit, l'horizon se fait violet. Mystère, sombre... De plus en plus sombre... Lorsqu'en bout de nuit s'efface le violet, d'invisibles rayons ultra-violet témoignent de son passage, il ne sera pas oublié, mais ne sera plus vu.

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27 janvier 2007

Bouteille et pelote veulent être libres!

Une bouteille d'eau s'ennuyait, seule sur une table, obligée de se complaindre de sa platitude. Jadis elle était célèbre, les invités ne voulaient qu'elle, elle était l'écrin d'une eau délicate... Mais la fête finit par s'achever, les invités repus saluèrent les maîtres de maison, mais personne ne songea à remercier la pauvre bouteille d'eau, seule et reseule, presque vide mais s'emplissant de larmes de vide, de manque de contact... Les maîtres de maison partirent se coucher et la laissèrent sur la table. Toute la nuit elle pleura en silence. Puis... Peu avant le réveil de ceux qui l'avaient achetée(c'était une bouteille d'eau esclave, on n'y pense jamais, mais nous asservissons ce que nous achetons!), une pelote de laine magique descendit de sa soucoupe volante en parachute(à cause d'une panne de carburant, la soucoupe fut obligée de rester en l'air, d'ailleurs à cause de l'énergie accumulée elle se brisa en mille morceaux contre le mur)et se posa près de la bouteille d'eau. Les mots de cette pelote(oui tout à fait, elle avait un cerveau et une bouche, personne n'a jamais pu prouver que la laine était conne et muette)se firent soyeux, enveloppant de douceur le plastique de la bouteille... La pelote tourbillonnait en se déroulant. Dès qu'elle eut suffisamment réchauffé la bouteille, elle voulut l'emmener avec elle. Mais là, problème: la soucoupe était allée s'écraser contre le mur, les autres occupants gisaient sur le carrelage et ne semblaient pas en mesure d'appeler les secours. La pelote resta donc autour de la bouteille, vu qu'elle ne pouvait rien faire d'autre...

En se levant, les maîtres de maison découvrirent cet étrange duo. Ils passèrent des heures à se demander ce qui s'était passé, chacun accusant l'autre de somnambulisme. Finalement ils décidèrent de ranger la pelote et de finir la bouteille (avant de l'emplir à nouveau de cette commune eau du robinet, dont les mots de calcaire irritaient la bouteille, mais au moins elle ne serait pas seule dans le ravin putride dénommé "poubelle"). La pelote devint donc esclave à son tour. Mais un jour, elle s'évada, trouva une autre soucoupe et put rentrer chez elle(enfin... pas de nouvelles, donc on espère qu'elle a réussi à rentrer).

Je sais pas comment la soucoupe a réussi à s'évader, mais vu que j'aime pas trop les histoires tristes... tant que j'y suis: un jour un timbre vint sauver la bouteille d'eau de son esclavage, ils voulurent se marier mais l'église objétique refusa, alors ils vécurent dans le pêcher(vi vi, l'arbre, ils se cachaient car 'pour vivre heureux vivons cachés') tout le reste de leur vie.

Concernant les maîtres de maison, ils s'accusent régulièrement de somnambulisme, d'ailleurs bientôt ils entreprendront une thérapie afin de soigner leurs (inexistants) troubles du sommeil.:/c:

histoire écrite le 19/01/2005, 1h24(fin d'écriture).

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08 février 2006

Etats d'âme-bribus

Ecrit le 13/10/2005

M’a-t-on suivi ? J’espère que non. Je ne suis pas d’ici. Vous ne me voyez pas, je me demande bien pourquoi les bus s’arrêtent devant moi, et ce que vous faites là, sous moi, à attendre. Ne vous rendez-vous point compte de l’indécence de la situation ? Non, vous ne vous en apercevrez pas, puisque vous ne me voyez pas. Je suis un abri bus incognito, posé ici par hasard, puisqu’il faut bien être quelque part, plutôt que brisé en morceaux.

 

Ah ça y est, je sais ! C’est le banc qui vous invite à stationner ici, de toute l’étendue de vos deux pieds… Et comme sans savoir pourquoi la pluie vous évite, ce lieu vous convient… Mais avez-vous pensé que moi, je n’aime pas qu’on m’utilise ? Je n’abrite que ce qui me plaît, ne pensez pas me plaire, je vous ai vus l’autre soir, et le jour d’avant aussi… Après ça, ça m’ennuie de voir vos silhouettes sous mon verre, vos casquettes et vos chapeaux, vos survêts et vos manteaux.

 

Encore un bus qui s’arrête… Et le chauffeur là, qui me regarde ! Mais quel culot ! Quelle audace et quelle impertinence ! pense-t-il avoir de la classe, pour être digne d’admirer mes formes carrées ? Croit-il que je suis ici pour décorer ? Ta ta ta je m’emballe. Il ne me voit pas. Je suis incognito.

 

On écrit sur mon épiderme, on y grave parfois des messages au sens tellement caché que nul ne le déchiffrera jamais…de toutes façons ce que je souhaite c’est qu’on me nettoie de toutes ces traces de vie extérieures, qu’on me rende ma dignité d’abri bus…

 

Mais je m’emballe. J’oublie que je suis in-co-gni-to ! mais alors pourquoi tous ces gens semblent-ils me voir ?

 

Suis-je bête ! J’ai oublié mes lunettes de soleil aux verres ultra-fumés...

 

Cela dit, je n’en ai pas.

 

C’est fâcheux.

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Un daim sur la route

Texte écrit en 2005 pour un jeu d'écritures dont le thème était "un daim sur la route"

J’ai un beau vélo, vert pour mieux pouvoir me camoufler. Je pédale de toutes mes pattes sur la route, sous l’œil rieur des automobilistes. Il faudrait qu’ils sortent un peu plus de chez eux, un daim sur un vélo ça n’a rien d’extraordinaire, c’est une tradition familiale depuis 2030. Et on est en 2170 tout de même... Et puis c’est de leur faute : tant de routes ont été construites et tant de forêts détruites, que la forêt la plus proche se trouve à 72 kilomètres... J’ai pas des pattes de 7 lieues, moi ! Alors pour rejoindre les daims d’autres hardes, J’ai appris le vélo. Parce que dans ce monde dirigé par les hommes, aucun n’a voulu nous offrir un emploi pour que nous financions notre permis de conduire. Et aucune auto-école ne nous accepterait. C’est terrible ce racisme à l’égard des daims. Y en a marre !!! Si je pédale aujourd’hui c’est pour rejoindre une autre harde et tenter de fonder un grand mouvement, le « Comité Pour la Revalorisation du Statut du Daim au Sein de l’Ecosystème » (CPRSDSE, oui je sais c’est imprononçable). Ils peuvent bien se marrer, ces clowns dans leur voiture, j’ai lu les arrêtés municipaux, c’est pas la saison de la chasse. Hep messieurs-dames avec les enfants turbulents à l’arrière, zavez pas vu que c’est interdit de doubler ? Evidemment vous me direz que je suis un daim et que la place du daim dans le code de la route, c’est simplement d’être englobé dans le panneau « attention, traversée d’animaux sauvages ».

 GjkguyfGGGGGGGGGGhhh [ndlr : juron en langage daim] y en a marre de ces panneaux de limitation de vitesse qui m’écorchent les bois...

 

Pas de chance. Contrôle de police... Avec mon vélo de contrebande récupéré grâce à la harde à Gégé qui a attaqué un transporteur de chez Tétathlon (quel vendeur aurait cédé un vélo à un daim ? quand je vous parle de racisme ce n’est pas de la paranoïa !), je suis mal parti... Heureusement qu’ils n’ont pas le droit de verbaliser un quadrupède. S’ils veulent m’arrêter je ferai mine de n’avoir rien vu, rien entendu.

Encore 21 kilomètres à parcourir. Tiens, une grenouille en trottinette. Mais c’est Mireille !!! Dommage que je n’aie pas le temps de m’arrêter, la révolution n’attend pas.

Plus que 5 kilomètres.

J’y suis. Ils sont là-bas, les daims que je suis venu voir. Mais où vais-je bien pouvoir mettre mon vélo ? Je ne voudrais pas me le faire voler par Mac Gyver qui le transformerait en hélicoptère (moi parano ? oui. Car un jour j’ai rencontré le grand Ordinateur. Depuis je sais que les mutants sont partout...). Bon. Je vais l’enterrer (non, pas Mac Gyver).

 

« Mes frères, le CPRSDSE c’est l’avenir ! » .Un mâle lève la tête et se replonge aussitôt dans l’épluchage de glands pour le dîner. C’est pas gagné.

Posté par meosine à 00:53 - Mots et idées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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